Ces tourneries dites «communales», construites par l’Union Électrique, furent à la fois des lieux de production rurale mais, aussi et avant tout, des lieux sociaux d’une grande importance, notamment durant les périodes hivernales. Plusieurs membres d’une même famille pouvaient louer une place de tour à l’atelier, réunissant leur production pour la revendre aux négociants de Moirans. Selon certains auteurs, les ateliers communaux n’étaient pas fréquentés par les artisans spécialisés qui gardaient jalousement leur secret de fabrication pour des marchés spécifiques. La place au tour bénéficiait surtout aux petits agriculteurs, qui trouvaient là un complément de salaire sans engager de frais d’investissement (C. Picod, 1991).